Le réveil de la belle endormie
(notre photo : la nouvelle Saab 9.3 Cabriolet) |
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Les visiteurs qui s’étaient
rendus à la précédente édition du Mondial de l’Automobile en étaient restés
interloqués. Le concept-car Aero X présenté par Saab à cette occasion pouvait-il
servir de source d’inspiration au renouvellement de la gamme ? Le doute
subsistait : effet de présentation ou de style ou bien encore fruit d’une démarche déjà
engagée ? En effet, la Belle (marque) semblait quelque peu endormie sur
une tradition, certes de bon goût, mais devenue un tantinet classique.
Coup de tonnerre et réveil
soudain. Coup d’éclat futuriste aussi : ce qui paraissait être du domaine
de l’OVNI, de l’imaginaire, devait – à un an de distance – donner corps à
du présent, à du tangible. Opération « coup de
crayon »
Le
message adressé aux designers
de la marque semble bien avoir été entendu, au-delà même de ce que l’on
pouvait
attendre : modernité, fluidité et sportivité. D’un point de vue
marketing,
cela arrive à point nommé pour une marque qui, à ses origines, a
participé à
l’aventure aéronautique. Restait donc à en garder l’esprit pionner,
ainsi qu’à
surfer sur des technologies restant à la pointe du progrès ! Pour
Saab, il fallait aussi à prouver qu’il en détenait encore tous les
gênes !
Comment décrire la nouvelle Saab 9.3 ?
Vue face avant, elle apparaît
sous les traits de la modernité et de la sportivité. Elle laisse entrevoir
aussi une potentielle agressivité de formes et, paradoxalement, une
horizontalité des lignes au niveau du capot où l’on reconnaît le trait
stylistique Saab. Pourtant, le plus notable coup de crayon porte sur la
calandre qui s’inspire de celui du concept car Aero X) tandis que le design des
phares s’inscrit dans son prolongement. Les nervures à partir de la base des
rétroviseurs donne du reflet au capot. Pour sa part, l’entrée d’air inférieure
« assoit » l’auto dans sa ligne sportive.
Revoilà le Cx !
Un travail de fond a été engagé
sur la silhouette et le profil qui rappelle ceux d’un coupé. Le résultat est
là : la conception a donc porté sur le dynamisme : profil plus lisse
pour une voiture plus « fluide ». A ce propos, revoilà le Cx (ou
coefficient de traînée déterminant l’aérodynamisme d’un véhicule) qui, dans une
période récente, avait été laissé le premier rôle à une mesure plus médiatique
: le niveau de CO2 rejeté dans l’atmosphère.
Sur la 9.3, le Cx s’avère très
« compétitif ». Il affiche 0.28 pour la Berline, 0.33 pour le Break
et 0.34 (capote fermée) pour le cabriolet.
Les différentes déclinaisons et
équipements de la Saab 9.3
Le constructeur propose 3
modèles qui vont de la Berline Sport à la Sport-Hatch (break nouveau style)
pour se décliner en version Cabriolet (millésime 2008)
Pour reprendre la comparaison
effectuée au début de cet article, faisant référence au concept-car Aréo X, nul
ne sera surpris d’entrer dans une élégance « façon cockpit »
découverte en prenant place au volant de la Saab 9.3. Impression renforcée par
un intérieur est agrémenté d’une sellerie et d’habillages distingués (notre
illustration). Le confort et l’accessoirisation sont au rendez-vous, le bon
goût aussi. A noter également une fonction « Profiler » qui permet de
mémoriser les préréglages de nombreuses fonctions : climatisation à
régulation double zone, intensité de réglage du tableau de bord, aide au
stationnement, essuie-glace à détecteur de pluie et alarme antivol.
Sur la Sport-Hatch que l’on peut
qualifier de « break version sport », nous avons noté un astucieux
système double plancher pour rangement de sacs à provisions. En outre, la
tablette arrière est maintenue par d’ingénieuses glissières de retenues afin de
faciliter le chargement.
La Berline de sport et la
Sport-Hatch sont proposées en trois niveaux de finitions : Linear et
Vector auxquelles viennent s’ajouter le haut de gamme Aero.
En ce qui concerne le Cabriolet,
nous avons pas manqué de remarqué l’originalité des sièges avant à ceintures de
sécurité intégrée, ainsi qu’un accès pratique aux sièges arrières (coussins
profonds).
Particularité de tous les
modèles, le système « Comsense », installé en série, vient améliorer
le niveau de sécurité destiné à la « gestion de la concentration du
conducteur »
Châssis et motorisation
Aspect important également,
tenant à la sécurité, la Saab 9.3 est équipée d’une suspension arrière à quatre
bras indépendants et d’un essieu arrière réactif offrant un bon comportement et
une tenue de route que nous avons été en mesure d’apprécier.
Le bon comportement routier de
la Saab 9.3 est conforté par les dispositifs d’assistance au freinage d’urgence
(amplification de la pression de freinage lorsque le conducteur enfonce
brutalement la pédale de frein), ainsi que par le dispositif ESP (contrôle
électronique de trajectoire)
La gamme comprend 4 moteurs à
essence, dont deux versions Bio power *, et trois moteurs diesels, qui
s’étagent du moteur d’entrée de gamme 1.8i de 120 ch (90 KW) au 1.9 TtidD à
double turbo au sommet de l’offre. Ce dernier développe 180 ch (132 KW) pour un
couple remarquable de 400Nm.
- Vous avez dit Bio power. Voulez-vous bien nous dire pourquoi ?
C’est l’une des solutions
alternatives, lancée en France fin 2006, visant à promouvoir une
consommation d’« énergie verte » (voir en particulier, un précédent
article consacré à la soeur aînée de la 9.3, la Saab 9.5 Biopower)
En fait, pour Saab, l’un des
initiateurs nordiques de cette technologie, il s’agit aujourd’hui de promouvoir
l’utilisation d’une énergie renouvelable destinée à se substituer aux énergies
fossiles qui, comme chacun le sait, s’épuisent inéluctablement.
C’est ainsi que le constructeur
a été l’un des premiers à adapter ses moteurs fonctionnant au E85 ou bio éthanol (mélange constitué de 15
% de carburant classique et de 85 % d’éthanol). Celui-ci est obtenu par distillation
des produits de cultures (en France, la betterave) initiant ainsi une nouvelle
filière de transformation énergétique. Certes la combustion de l’éthanol libère
toujours (presque) autant de CO2 dans l’atmosphère, mais ce CO2 est obtenu à
partir d’un processus que l’on pourrait qualifier de « recyclage de gaz
carbonique », lui-même réutilisable autant de fois que nécessaire. Plus
précisément, ce procédé naturel fait usage de la photosynthèse ou processus
chlorophyllien inhérent à la croissance des plantes. Reste évidemment à s’assurer
que les cultures ayant servi à l’alimenter ne seront pas elles-mêmes agressives
vis à vis de l’environnement. Ceci impose bien entendu à la filière agricole
l’obligation de respecter un cahier des charges suffisamment précis et strict
en la matière. En résumé, le principal mérite de l’éthanol est, en définitive,
de ne pas contribuer à l’augmentation de la concentration de CO2 dans
l’atmosphère, l’enjeux principal – maintes fois rappelé – étant de ne pas
continuer à alimenter l’effet de serre à l’origine du réchauffement de la
planète. |
Pour en revenir à la
« 9.3 », il convient de noter que Saab marque incontestablement des
points dans son re-positionnement. Il se montre même en concurrent sérieux des
BMW Série 3, Audi A4 et autres Mercedes Classe C.
En outre, la Saab 9.3 en sa
qualité de « véhicule plus propre », se trouve doublement
« boustée » par une suralimentation au super éthanol E85 qui lui
procure un taux de rendement et de compression sensiblement plus élevé (15 %).
A noter d’ailleurs que l’aspect plus corrosif de ce carburant a amené le
constructeur à adapter en conséquence les composants moteurs ainsi que le
système d’admission (constitué désormais de tubulures en inox)
Voici donc, en résumé, une
démarche forte de Saab qui revient en force sur le créneau des véhicules moyen
et haut de gamme. Une action séduction, une nouvelle ambition aussi. Cette
« rentrée » dans la nouvelle atmosphère automobile a bien
entendu un coût, celui d’un véhicule confortable répondant à des critères
d’exigence et de qualité.
- Question subsidiaire :
Est-ce que le sucre que vous mettez dans votre café et le bioéthanol que vous
mettez dans le réservoir de votre Saab bio power provient de la même
« distillerie » ?
Et bien, aussi surprenant que cela
puisse paraître, la réponse est oui ! C’est ce que nous a appris la visite
du complexe de production d’Origny dans l’Aisne.
Ce
site, idéalement situé dans
une région de production betteravière, est en fait, pour la première
partie du
processus, une sucrerie classique. La comparaison s’arrête là car la
suite du
traitement est différente : d’un côté, un produit fini, le sucre
en
poudre, obtenu par raffinage, et destiné à l’industrie alimentaire, de
l’autre,
une production de sirop à basse pureté, lequel va précisément servir
d’ingrédient au processus industriel de fermentation d’alcool. Le sirop
dilué
puis ensemencé dans des silos sera ensuite distillé dans des tours ad
hoc (vue
de l’extérieur, l’installation ressemble à s’y méprendre à une
raffinerie de pétrole). Selon les différents processus et procédés
chimiques mis en oeuvre, l’alcool
obtenu pourra atteindre un haut niveau de raffinage (pour l’industrie
pharmaceutique et alimentaire) ou, à l’inverse, demeurera à un stade
générique
et servira de constituant au « carburant » éthanol.
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René-Jans
Rouzioux, (C) tecinfor.com, octobre
2007, publication réservée aux sites
Internet associés. Finitions et tarif indicatif en
€ TTC (information Constructeur, octobre 2007)
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